Les syrphes

Qu’est-ce qu’un syrphe ?
Derrière ce nom un peu compliqué se cache un insecte fréquemment présent dans les jardins. Il s’agit d’une mouche ayant l’apparence d’une guêpe. En effet son abdomen est souvent noir rayé de jaune ce qui fait penser aux couleurs habituelles des guêpes. Les syrphes se distinguent pourtant par leur vol stationnaire. Les adultes sont des butineurs. Leur ressemblance avec les guêpes fait que les personnes fréquentant les jardins sont peu rassurées en leur présence. Cependant, les syrphes sont dépourvus de dard ou de stylet et ne peuvent pas piquer. La femelle dépose ses œufs à proximité des foyers de pucerons ou d’autres ravageurs. Elle peut pondre d’une à plusieurs centaines d’œufs. A l’éclosion, la larve commence immédiatement à se nourrir de ses proies. Les larves peuvent prendre différentes couleurs en fonction des espèces : translucides, jaunâtres, marron, verdâtres… Elles sont dépourvues de pattes et se déplacent comme des asticots. A la fin de leur développement larvaire elles passent par le stade pupe avant de devenir adultes. La pupe prend une forme de goutelette d’une couleur variant du gris- jaune au brun.

Exigences agro-climatiques et habitats
Les syrphes adultes sont présents dans les jardins d’avril à octobre. Ils butinent en particulier les fleurs jaunes et blanches sur lesquelles il est facile de les repérer mais certaines espèces sont plus éclectiques alors que d’autres butinent exclusivement des graminées. A l’automne, une partie des espèces migre vers des endroits aux hivers cléments mais dans nos régions la majorité des espèces présentes hiverne sur place soit sous forme de larves en s’abritant dans le sol ou sous les écorces, soit sous forme d’adultes. Deux à trois générations se succèdent pendant l’année. 

Les proies favorites des syrphes
Les syrphes (leur larve en particulier) sont des prédateurs d’insectes. Ils consomment diverses proies selon les espèces : pucerons, cochenilles, cicadelles. Ils peuvent consommer jusqu’à 400 pucerons au cours de leur développement larvaire qui dure de 8 à 15 jours. Cependant ils tuent davantage de proies que nécessaire, on considère que si une larve a besoin de manger entre 30 et 40 pucerons par jour, elle peut en tuer jusqu’à 300 ! Les syrphes adultes sont des pollinisateurs. En cela ils sont également considérés comme des auxiliaires puisqu’ils participent au maintien de la biodiversité dans un jardin.

Comment favoriser les syrphes en espaces verts ?
Les syrphes ont besoin d’un arbre et en particulier d’écorces pour accomplir leur cycle, notamment pour s’abriter durant l’hiver. De nombreux abris naturels suffiront donc à leur hivernation. Les syrphes, comme tous les insectes, sont sensibles aux traitements insecticides chimiques, leur limitation permet donc de conserver une qualité du milieu permettant leur développement. Les syrphes adultes étant des pollinisateurs, la présence de nombreuses plantes fleuries dans un espace vert favorise leur présence. Les Apiacées et Astéracées sont des familles de plantes particulièrement indiquées car elles sont très florifères et le nectar de leurs fleurs est facilement disponible. Certaines plantes sauvages abritent des pucerons très tôt au printemps, cela permet de constituer un réservoir alimentaire pour les larves. Sauvegarder ces espèces spontanées est une bonne solution pour s’assurer de la présence des syrphes dès le début de la saison et leur permettre de se développer sur tous les foyers de ravageurs très rapidement par la suite. Pour les aménagements on pourra choisir de favoriser voire de semer les plantes sauvages telles que les véroniques, les soucis, la centaurée, le chardon, le pissenlit qui pour les unes fleurissent très tôt, pour d’autres fleurissent toute l’année, et pour les dernières fleurissent très tard. Le gardemanger sera ainsi toujours plein et les syrphes pourront s’installer de manière durable dans le jardin.